Christophe Février : La transition énergétique

Green Business, le magazine des hommes et des entreprises qui prennent soin de la planète. Nathalie Croisé, sur BFM Business.

Nathalie Croisé : Bienvenue dans Green Business, émission qui met en avant les innovations qui feront l’économie de demain : la rénovation thermique, l’une des priorités du gouvernement, GEO PLC spécialiste de l’efficacité énergétique se positionne comme l’un des opérateurs de la transition. Vous comprendrez mieux dans un instant.

Un outil d’excellence au service de l’innovation, ce sont les IRT, Instituts de Recherches Technologique, gros plan sur celui de Nantes, l’IRT Jules Verne. Et une région également à l’honneur dans cette émission, la Bretagne. Enfin, comment purifier la maison et l’espace de travail ? Nous en parlerons avec un pionnier des produits ménagers verts Rainett. Puis vous découvrirez Diya One, le premier robot de service, dédié à la qualité de l’air. Ce sera à la fin de Green Business.

Nathalie Croisé : L’état a donc fixé un objectif ambitieux, rénover 500 000 logements par an d’ici 2017. Alors pour faciliter la tâche des Français, Jean-Marc Ayrault avait annoncé, il y a quelques mois, l’ouverture de plus de 400 guichets uniques sur la rénovation énergétique. Un opérateur privé en tout cas se positionne sur le marché, il s’agit de GEO PLC. Christophe Février Bonjour.

Christophe Février :  Bonjour.

Nathalie Croisé : Vous êtes le président de GEO PLC, et vous vous appuyez sur les Certificats d’Économies d’Énergie. Il y a de l’actualité en la matière, on va en parler dans un instant avec vous et voir comment vous allez pouvoir rebondir et aller plus loin dans ces enjeux, comme je parlais de transitions énergétiques et de rénovation thermique. Mais d’abord Marion Gall, bonjour.

Marion Gall : Bonjour Nathalie

Nathalie Croisé : Avocate au cabinet Gossement Avocats, vous remplacez Arnaud Gossement que l’on voit régulièrement dans l’émission. Je suis ravie en tout cas de vous accueillir aussi pour partager avec vous tous ces sujets en droit de l’environnement. Et on va parler des fameux D3E, les déchets électriques, d’équipements électrique et électronique. C’est important au début de rappeler ce que c’est aussi.

Marion Gall : Bien évidemment, effectivement alors, un équipement électrique – électronique c’est votre téléphone portable, une imprimante, un ordinateur, ou votre frigo. En fait c’est tous les équipements sur lesquels va figurer un petit pictogramme : une poubelle barrée. Et pourquoi une poubelle barrée ? Tout simplement parce que ces équipements, lorsqu’ils deviennent déchets, ne peuvent pas suivre un traitement classique d’un déchet classique. Donc il y a une réglementation aujourd’hui spécifique à ces D3E, les Déchets d’équipements électrique et électronique, une réglementation qui va viser le recyclage, qui va viser la collecte et qui va faire en sorte en tout cas que l’impact sur l’environnement soit le moins important possible.

Et on se rend compte aujourd’hui que nous, consommateur, nous consommons de plus en plus d’équipements et nous les remplaçons de manière de plus en plus fréquente. Donc aujourd’hui, on a une augmentation de ce gisement, une hausse de cette masse de déchets, et c’est important aujourd’hui d’essayer de la limiter au maximum.

Nathalie Croisé : Ouai, surtout que ça ne risque pas de s’arranger à Noël avec les jeux électroniques qui se vendent en pagaille, on le sait bien. Alors justement pour lutter contre la production de ces déchets, le gouvernement s’apprêtent à signer Marion, un décret ?

Marion Gall : Effectivement, un décret qui devrait entrer dans les prochains jours en vigueur. Pour l’instant il est soumis à publication. Et ce décret en fait est une transposition des obligations communautaires. Alors les mesures phares de ce décret, il y en a plusieurs.

L’une des principales c’est que demain, tous les équipements vont être soumis à ce régime d’obligation. Et c’est par exemple les systèmes photovoltaïques, qui hier n’étaient pas qualifiés d’équipements électrique et électronique, demain seront soumis à l’ensemble de ces obligations.

Deuxième mesure phare et importante, c’est le taux de collecte. Un taux de collecte qui est fixé dans ce décret, qui est très, très important. Même le ministère

Nathalie Croisé : Parce qu’on est encore très bas en France dans ce domaine-là.

Marion Gall : Exactement, exactement. Le ministère le qualifie même de « très ambitieux ». Ainsi, tous les acteurs du système, que ce soit les metteurs sur le marché donc les producteurs, que ce soit les éco organismes, qui sont les partenaires de ces producteurs, vont être incités à faire en sorte que le plus grand nombre de déchets soient collectés. Ainsi voilà, vous pouvez consulter ce décret qui est sur le site du ministère pendant le mois de décembre, et normalement on devrait avoir la version définitive début janvier de l’année prochaine.

Nathalie Croisé : En tout cas, il était temps d’agir en la matière. On va parler d’un tout autre sujet, aussi dans l’actualité avec Christophe Février, donc président de GEO PLC. Alors c’est ce que je disais, vous, vous êtes un acteur de ces sujets autour de l’efficacité énergétique.

Déjà 5 ans c’est ça, d’expérience à peu près en la matière ? Et votre spécialité ce sont les Certificats d’Économies d’Énergie, alors pour rappeler c’est ce fameux mécanisme qui impose aux distributeurs de gaz, d’électricité, de chaleur, de fioul, de carburant, finalement de participer à l’amélioration de cette efficacité.

Avant de parler, vous, de votre rôle, et de ce que vous comptez faire aussi dans la transition énergétique, quand même un commentaire… Parce que là on est en train de bouger, ça faisait un petit moment quand même qu’on attendait que les lignes bougent, et Philippe Martin a quand même décidé la mise en œuvre de cette fameuse troisième période, qu’on attendait.

Christophe Février :  Alors il faut saluer le courage du ministre, voilà qui s’est battu, je crois, par rapport à ses collègues vis-à-vis de Bercy notamment et de certains lobbys, et qui hier donc nous annonçait à l’assemblée, le cadre général de la troisième période. Qui est un cadre extraordinairement favorable, mais qui répond à des obligations qui sont impératives, qui sont essentiellement que l’état a peu de moyens. On l’a vu puisque l’éco PTZ pour prendre ce seul exemple, voit tous les crédits qui lui sont alloués disparaître, ou s’amenuiser, et que le dispositif des certificats d’économies d’énergie peut-être on y reviendra, devient le seul et unique et primordial dispositif.

Le dispositif actuellement, répond à l’obligation que la France se doit vis-à-vis de ses partenaires européens, et l’Europe vis-à-vis des accords de Kyoto, quant à réduire d’un et demi pour cent ses consommations d’énergies.

Nathalie Croisé : Donc finalement, c’est un dispositif qui est encourageant, et qui ne coûte pas cher, et qui rapporte beaucoup, si on résume. À peu de choses près.

Christophe Février :  C’est un dispositif, c’est typiquement français, c’est une invention, une création, c’est comme la TVA. D’ailleurs l’Europe encourage tous les pays de la communauté à l’adopter. Alors c’est un système de péréquation qui présente cet avantage d’être assez diffus, invisible pour les agents économiques, assez marginal, mais qui a l’énorme avantage de… via le levier de ceux qui mettent au marché : donc les vendeurs de carburants, les énergéticiens (gaz et élec) ; l’obligation de restreindre les consommations d’énergies de leurs clients. Par une menace de sanction financière qui est telle, c’est une épée de Damoclès, qui fasse qu’aucun ne peut y déroger, le plus grand acteur jusqu’au plus petit s’exclurait d’un marché. Qui sont des marchés où les marges sont significatives sans être énormes, au simple motif que s’il n’était pas bon sur les certificats, il sort du marché.

Donc à partir de là, ben on crée les conditions pour que chaque acteur encourage ses clients, particuliers, collectivités, entreprises privées, administrations, à faire des économies.

Nathalie Croisé :  Et là alors, on double ? Enfin on va encore plus loin même dans l’objectif d’économies d’énergie sur cette troisième période de 2015 à 2017, d’après les ambitions et ce qu’a défini Philippe Martin ?

Christophe Février :  Alors les C2E, la CDC s’en est d’ailleurs ouvert puisqu’il y a eu un rapport extrêmement dithyrambique et favorable, que je résume en disant « Ça marche bien, il faut à la marge améliorer le dispositif, le clarifier, le rendre plus simple, plus abordable », mais ça ne coûte rien à l’état. Ça c’est quand même un point fondamental, il n’y a pas de moyens publics qui soient dédiés à ce dispositif, les acteurs privés s’en sont saisis, tout le monde en bénéficie, l’essentiel des montants alloués vont aux consommateurs finaux.  Donc ça, c’est très, très important.

Et donc le ministre qu’est ce qu’il annonce aujourd’hui ? Ben il annonce pour la troisième période, donc 2015 – 2017, sachant qu’en 2014 ben il y avait une petite reculade, enfin ce qui aurait pu être considéré comme une reculade, puisque faute de pouvoir se positionner en juin, ils ont considéré qu’il fallait donner une année de transition, qui était en fait dans la lignée de la deuxième période. Pour revenir à la genèse, c’est un dispositif qui est né d’une loi qui s’appelle la loi pope suite au Grenelle de l’environnement, donc on est en 2004 – 2005. On était en 54 Térawatt Cumac, en première période. En deuxième période on était à 345, donc une inflation assez forte, et là on passe à 660.

Nathalie Croisé :  Alors Cumac, juste pour résumer, pour ceux qui ne comprendraient pas ce que c’est ?

Christophe Février :  Alors cumac c’est la réduction de cumul actualisé.

Nathalie Croisé :  Cumul Actualisé, d’accord.

Christophe Février :  Un exemple très simple. Vous changez une ampoule, eh bien on va calculer sur la durée de vie de votre ampoule l’économie d’énergie, alors dans la rénovation par rapport à l’existent, et dans le neuf versus l’ART 2012, dans ces nouvelles versions.

Nathalie Croisé : Alors Marion Gall, vous avez eu votre regard aussi de juriste sur cette annonce, voilà on voit bien aussi qu’il y a beaucoup de choses dans la transparence, dans la simplification aussi de ce dispositif. Parce qu’on a bien compris que ce n’est peut-être pas si évident que ça au départ.

Marion Gall : Effectivement c’est un dispositif qui est très complexe en droit, et effectivement dans le communiqué de presse aujourd’hui de Philippe Martin, il appelle de ses vœux une simplification. Et j’imagine que c’est une simplification que l’ensemble des acteurs peuvent partager aujourd’hui, et appellent.

Nathalie Croisé : Christophe Février ?

Christophe Février :  Alors, non, non… La simplification elle passe par la pédagogie. Le rôle de GEO PLC, c’est de faire de la pédagogie, avant de faire du business. On est une société écoresponsable, et donc nous, on se situe au croisement de plusieurs agents économiques, et on explique, on accompagne, et on aide au dispositif. Parce qu’en effet ce sont des dispositifs extrêmement réglementés, complexes, et que seuls les initiés peuvent maitriser. Alors que dans la finalité, c’est quoi la finalité du C2E ? C’est je suis un agent économique qui fait plus de travaux, ou par anticipation qu’un agent classique lambda, eh bien je me vois crédité de 10 à 100% de mon investissement, c’est considérable, hors pose, au simple fait d’adhérer au dispositif des C2E.

Et ça, une fois qu’on a compris le concept, ben il faut se le voir appliquer.

Nathalie Croisé : Alors on va y aller concrètement aussi dans ce que vous faites Christophe Février, parce qu’on a bien compris les enjeux, et c’est important de le rappeler, des certificats d’économies d’énergie. Donc c’est ce que je disais, vous, vous avez présenté au salon des maires, ce fameux guichet vert, un portail en ligne qui permet finalement de voir de façon très claire toutes les informations que l’on peut avoir sur les solutions financières, techniques aussi bien, parce que vous êtes là pour aider les propriétaires. Vous avez aussi les obligés, les artisans, enfin tout le monde est derrière vous et peut trouver ce soutien aussi ?

Christophe Février :  Tout le monde est concerné. Donc on expose au salon des maires, et on a remporté un certain succès, parce qu’aujourd’hui la transition énergétique, on n’y échappera pas. Et je crois que comme tout un tas de réformes qui s’imposent, soit on attend la réforme et on la subit, soit on l’anticipe. Et je pense que les choses se passent beaucoup mieux lorsqu’elle s’est anticipée et qu’on se donne le temps long pour la digérer.

Alors concrètement, nous ce qu’on propose c’est un effort de pédagogie notamment vis-à-vis des collectivités, et de leur apporter les outils pour lequel l’état les encourage voir les engage, à mettre en œuvre. Qui sont concrètement des guichets d’accueil pédagogique auprès des particuliers, des entreprises, afin de réduire leur consommation d’énergie. Parce que l’enjeu de la réduction de la consommation d’énergie, c’est du pouvoir d’achat distribuable pour les particuliers, et pour les autres agents économiques publics et privés, c’est de la valeur ajoutée, c’est de la marge, c’est de l’argent à réinvestir.

Nathalie Croisé : Parce que l’idée voilà, c’est qu’on a un millier d’aides en la matière, qu’on ne les connait pas nécessairement, qu’il faut pouvoir aussi s’y retrouver.

Christophe Février :  Oui, si ce n’est que les aides, c’est de l’impôt redistribué

Nathalie Croisé : Aussi

Christophe Février :  Et qu’aujourd’hui, je pense que tout un chacun le vérifiera, plus encore demain, il n’y a plus d’argent. Il n’y a plus personne qui a envie, il y a une saturation du niveau de l’impôt et d’ailleurs le système précédent qui remonte au premier choc pétrolier, on n’a pas de pétrole mais on a des idées, a montré ses limites. Et aujourd’hui, ben il faut encourager les gens. L’énergie, ça a ceci de particulier pour notre partie qui est la consommation d’énergie, c’est que c’est du diffus. C’est-à-dire qu’on peut avoir un plan nucléaire, un plan gaz, un plan voilà…. Mais lorsqu’il s’agit des consommateurs, ben c’est les 35 millions de foyers, c’est des milliers, des centaines de milliers d’entreprises, de communes, et la difficulté c’est que les gens dans ce maquis, ils ont besoin de comprendre « Mais ça me rapporte quoi ? Qui m’aide ? Pour quel montant ? Comment je m’organise ? »

Nathalie Croisé :  Alors ce qui est intéressant c’est que GEO PLC, voilà opérateur privé, vous présentez au salon des maires, j’imagine que vous allez voir aussi du côté des ministères, et finalement aussi vous allez apporter votre contribution à une démarche globale dont je parlais en introduction sur ces enjeux de transition énergétique. C’est intéressant aussi de voir votre rôle ?

Christophe Février :  Eh ben notre premier plus beau client, c’est le ministère du Développement durable et de l’Énergie, qui est notre client, c’est la gendarmerie, c’est la poste. Ce sont des grandes villes, des grandes administrations pour lesquels on est déjà fournisseur de services, et on travaille pour eux, pour mettre en forme les C2E afin, sur les travaux concrets qu’ils ont mis en œuvre et sur ceux qu’ils envisagent, les économies, le remboursement sous forme de C2E, d’argents, par rapport à leur investissement, pour aller investir plus et plus vite.

Nathalie Croisé : En tout cas vous continuez à vous développer, vous vous développez aussi à l’étranger. Vous avez d’autres ambitions au-delà de ce premier guichet que vous avez présenté dans cette transition énergétique dont on parle ?

Christophe Février :  Alors déjà tout va très vite. GEO PLC je vous en remercie, c’est une création d’il y a 5 ans, aujourd’hui l’entreprise c’est près de 80 personnes, c’est 37 millions de chiffres d’affaires, c’est de par les annonces du ministre le doublement du dispositif, la perspective à deux ans de doubler à nouveau ce chiffre d’affaires. Il va falloir digérer,

Nathalie Croisé : Oui

Christophe Février :  Voilà, cette croissance, qui est maitrisée aujourd’hui. Au-delà de ça, il y a quelque chose de particulier, c’est que l’énergie, c’est mondial, mais la consommation d’énergie c’est local. Le parc des radiateurs électriques français, n’est pas le parc allemand de… Voilà. Donc on peut en effet, on regarde actuellement l’Angleterre, on a une étude et peut être un projet de se développer sur l’Angleterre, mais avant d’aller à l’étranger, on veut être très fort en France, on veut s’affirmer comme le premier opérateur indépendant. Indépendant des grands énergéticiens.

Nathalie Croisé : Et cet opérateur de la transition énergétique. Merci à vous Christophe Février, donc président de GEO PLC, merci aussi à Marion Gall. On marque une première pause dans Green Business, c’est de là on va faire un gros plan sur une région : La Bretagne, et l’innovation en Bretagne, dans un court instant sur BFM Business.

 

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